Comment aider vraiment quelqu’un en deuil

Notre culture occidentale a vraiment beaucoup de mal à gérer le deuil et la souffrance. Trop souvent, les personnes endeuillées se font servir des platitudes du genre « Rien n’arrive pour rien », « C’est pour le mieux », « La personne que tu as perdue est mieux maintenant », ou « Un jour, cette épreuve prendra tout son sens ».

Malheureusement, aucune de ces affirmations n’est vraie.

Et pire encore, elles font du mal à la personne qui les reçoit.

Alors comment aider une personne en deuil ?

Devant la tragédie, la tristesse, l’injustice, l’être humain se sent démuni et essaie de fabriquer du sens, c’est un réflexe normal. Mais le deuil est malheureusement l’une de ces choses qui résiste à notre besoin irrépressible de créer un « happy end ». La jeune femme qui a perdu son amoureux dans un accident n’avait pas « besoin » de cette épreuve pour grandir comme personne. Ce n’est pas « pour le mieux » qu’un enfant meurt de la leucémie. Le cancer de votre oncle n’est pas un « cadeau mal emballé ».

On dit ces choses parce qu’on est mal à l’aise. Parce que voir une personne qu’on aime souffrir, dans l’oeil du cyclone après un décès, ce que l’auteure Megan Devine appelle « le hurlement au centre du deuil », c’est douloureux en soi. On veut que ça cesse. On veut réparer le bobo. On veut s’enfuir devant la douleur de peur qu’elle nous engloutisse nous aussi.

Et pourtant, ce qu’une personne endeuillée a le plus besoin, c’est justement que quelqu’un accepte de rester, de lui tenir la main dans la tempête, dans la tristesse, sans tenter de réparer, de lui remonter le moral ou de faire diversion. Dire simplement « je suis là, je sais que ça fait mal ». Ou même ne rien dire du tout, simplement être présent. Écouter.

Ça semble tellement simple, n’est-ce pas ? Et pourtant c’est un soutien cruellement rare.

Voici quelques pistes adaptées du site Refuge in Grief qui sont très utiles. Un gros merci à Catherine-Emmanuelle Delisle, du blogue Femme sans enfant, qui m’a fait découvrir le travail de l’auteure Megan Devine.

Posez des questions au lieu de donner des conseils.

Comment la personne se sent-elle? Soyez curieux de comprendre son expérience au lieu de lui dire comment elle devrait se sentir. Demandez-lui ce dont elle a le plus besoin en ce moment, au lieu de présumer.

Ce qui fonctionne pour vous ne fonctionne pas pour tout le monde.

La personne endeuillée sait intuitivement ce qu’elle a besoin de faire pour prendre soin d’elle-même. Faites-lui confiance. Elle n’ira peut-être pas « mieux » aussi rapidement que vous l’espérez. Cinq semaines peuvent lui paraitre comme cinq minutes. Respectez ça aussi.

Ne parlez pas du futur.

Pas tout de suite. La personne endeuillée ne peut pas et ne veut pas imaginer ce qui viendra « après » et ne veut pas entendre que « tout va s’arranger ». Pour l’instant elle essaie de survivre à « maintenant ». Si elle veut parler du passé et de la personne disparue, acceptez de le faire avec elle.

Ne ramenez pas les choses à votre propre souffrance.

Ne comparez pas son deuil à ce que vous avez vécu. Chaque deuil est différent. Si la peine de votre ami(e) fait remonter des choses difficiles pour vous, trouvez quelqu’un d’autre à qui en parler.

Montrez votre amour.

Offrez de faire l’épicerie, de cuisiner des repas, de promener le chien. Prenez la personne dans vos bras, emmenez-là faire un tour ailleurs. Soyez à l’écoute.

Author: mceliemorin

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