6 choses que je sais de l’amour

Il y a des inconvénients à vieillir mais parmi les avantages, il y a le fait que notre tolérance à la bullshit est de moins en moins grande. Et puis une fois qu’on a quelques longues relations (et autant de peines d’amour) derrière la cravate, il y a des trucs qui deviennent assez limpides.

Je précise : je ne prétends absolument pas avoir tout compris de l’amour. Ma relation avec mon tendre époux n’est pas parfaite et on traversera encore certainement des hauts et des bas dans cette aventure qu’on souhaite pour la vie mais pour laquelle il n’y a pas de garantie ou argent remis. Toujours est-il qu’il y a certains « principes directeurs » qui m’apparaissent de plus en plus clairs. Des principes que j’ai eu bien du mal à mettre en application dans ma vingtaine et ma trentaine et qui m’auraient épargné beaucoup de souffrance. Je les partage bien humblement en cette journée de l’amouuuuuuur 😉

By the way j’ai écrit ce texte en parlant des hommes mais ça s’applique à tous les genres.

  1. Sois en relation avec quelqu’un qui veut vraiment être avec toi.

Ça paraît un peu bête ou simpliste, je sais. Mais MY GOD que j’ai perdu du temps avec des hommes qui étaient ambivalents, qui ne voulaient pas s’engager, qui doutaient de la relation ou qui avançaient à reculons dans des projets communs. Je vois ce phénomène se répéter tellement souvent autour de moi, aussi. On accepte, on est patientes, on cajole, on veut convaincre l’autre de nous aimer, d’embarquer avec nous, dans l’espoir de se sentir validée. Mais si tu dois t’évertuer à convaincre quelqu’un d’être avec toi et accepter en attendant une relation bancale et insatisfaisante, c’est rare que ça finisse bien. En général, quand quelqu’un trippe sur toi, il ou elle va faire des efforts évidents pour faire avancer la relation. Il te dit qu’il ne se sent pas prêt à être en relation ? C’est probablement vrai. En tout cas il n’est pas prêt à être en relation avec toi. C’est blessant et c’est dur à accepter, mais ça évite aussi de perdre du temps avec quelqu’un qui est ambivalent.

2. Quand un homme te révèle ses défauts et ses limites, ne te mets pas la tête dans le sable.

Il est hangover une fois sur deux quand tu le vois et il te fait le récit de folles soirées de party ? Petit drapeau rouge. Au contraire il s’entraine de manière obsessive et juge les gens qui mangent du fast food ? Autre drapeau rouge. Il est désagréable avec son collègue au téléphone ? Il laisse les factures s’empiler sur un coin de table pendant trois mois et il t’emprunte de l’argent pour la bouffe de son chien ? Il est condescendant avec la serveuse au resto ou pire, avec ta meilleure amie ? Il te raconte qu’il a laissé son ex alors qu’elle venait de perdre sa job ? Ton chat est malade et il manque d’empathie ? Fais un Petit Poucet de toi-même et suit les indices. Certains défauts sont plus faciles à vivre sur le long terme que d’autres.

3. Si tu as l’impression qu’il te rend folle, c’est peut-être parce que c’est vrai.

On fait beaucoup de cas du gaslighting, ce phénomène par lequel des personnes créent un climat d’anxiété et de doute constant dans une relation, ce qui finit par faire douter l’autre de sa perception de la réalité et lui dérobe son estime personnelle. Quand on est dans ce type de dynamique, on se remet constamment en question et on adopte la « vérité » de l’autre. C’est vrai que j’ai mal interprété ce qu’il m’a dit. Je suis trop insécure et je lui en demande trop, se dit-on par exemple. Et ça commence à affecter plein d’aspects de notre personnalité.  C’est vrai que je ne termine jamais ce que je commence. C’est vrai que je n’ai pas assez confiance en moi pour moi aller chercher cet emploi. C’est vrai que j’ai des attentes irréalistes. C’est vrai que je suis désorganisée. C’est vrai que je suis superficielle. C’est vrai que je suis gaffeuse. C’est vrai que je suis trop intense. C’est vrai que je mange trop. Et ainsi de suite… C’est très difficile à déprogrammer. Encore aujourd’hui, j’entends la voix de certains ex dans ma tête par moments. J’ai internalisé les critiques impitoyables et les observations blessantes. Mais heureusement je reconnais aujourd’hui que cette manipulation n’a pas sa place dans une relation amoureuse.

4. Inversement, tous tes ex ne sont pas des personnes « toxiques » ou des pervers narcissiques.

Certaines personnes sont clairement manipulatrices et être en relation avec quelqu’un qui a un trouble de la personnalité n’est pas une partie de plaisir, c’est ce que je disais au point précédent. Par contre, tu ne peux pas systématiquement accuser tous les hommes avec qui ça n’a pas fonctionné d’être « toxiques ». Pour que le tango s’empoisonne, il faut souvent deux danseurs. Et parfois on se retrouve simplement avec quelqu’un qui fait ressortir le pire en nous, pour des raisons complexes dont tu pourras jaser longtemps avec tes copines en buvant trop de vin blanc. Mais en jetant uniquement le blâme sur l’autre, tu rates une occasion importante de grandir, de devenir une meilleure personne, de tirer des leçons d’une relation ou d’une dynamique qui n’a pas fonctionné.

5. Essaie de sortir de ton pattern même si c’est inconfortable.

Bon, je sais, il faut quand même un minimum d’attirance physique au départ. Mais le premier coup d’oeil révèle si peu d’une personne, au fond. Ce qui rend tout le phénomène Tinder souvent contre-productif, d’ailleurs. Parce qu’on peut être agréablement surpris en sortant des sentiers battus. Quand mon chum m’a invitée à prendre un verre pour la première fois, sous le couvert de l’amitié, je me suis dit « ok, why not ? » même s’il ne correspondait pas du tout au profil de la plupart des hommes que j’avais eu dans ma vie jusque-là. Ça n’a pas été un coup de foudre. Mais au fil des 4, 5, 6 soirées qu’on a passées ensemble, je me suis rendue compte que nos conversations étaient toujours hyper intéressantes, que c’était un gars brillant avec une grande sensibilité, que je me sentais hyper bien en sa présence et que j’avais de plus en plus envie qu’il m’embrasse, à la fin, au point de me dire heille, coudonc, qu’est-ce qu’il attend ? (Ça faisait partie de son master plan de me faire languir un peu, m’a-t-il avoué plus tard, haha.) Parfois il y a de la chimie là où tu croirais qu’il n’y en a pas pantoute.

6. Pratique et recherche la bienveillance.

Une fois le désir et l’ivresse des débuts passés, on s’aperçoit que l’autre a des défauts. Et il constate aussi les nôtres. Tous les couples que je connais qui durent depuis longtemps ont cette chose en commun d’avoir beaucoup d’indulgence et de bienveillance pour les failles et fragilités de l’autre. Je sais que vivre avec une anxieuse qui part fréquemment dans des scénarios catastrophe et des vortex de larmes et de c’est toutte de la maaaaaarde, avec un saupoudrage désagréable d’impatience et de remises en question n’est pas facile tous les jours pour mon chum. Il est patient. Il me donne souvent le bénéfice du doute. Il ne me prête pas de mauvaises intentions. Et pour ça il me donne envie d’être plus indulgente et bienveillante aussi. Parce que je l’aime dans toute son imperfection.

 

 

 

Author: mceliemorin

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